LE MOT DE LA PRESIDENTE

     Comme nous vous l’avions écrit nous avons pensé qu’une mission devait se rendre à Kiéché pour essayer de faire une évaluation de tout ce qui avait été fait.

      Etant donné les derniers évènements, nous étions conscients du danger que pouvait représenter un tel séjour en brousse. Nous avions donc décidé qu’une escorte serait indispensable.

      Nous sommes donc parties : Marie-José Maurel, Jacqueline Allen et moi-même, et avons, dès notre arrivée, négocié une escorte pour notre séjour à Kiéché, selon les « ordres » du Consul de France à Niamey.

     Bien nous en a pris, car si nous n’avions pas eu l’accompagnement de nos 3 gendarmes et de leur véhicule, nous n’aurions pas eu la possibilité de nous déplacer, ne serait-ce que pour nous approvisionner, puisque notre voiture a son moteur en pièces détachées dans le coffre, le nouveau maire n’ayant pas respecté les termes de la convention qui le liait à nous..

      Comme vous le lirez dans les pages suivantes, notre satisfaction est grande, même si beaucoup de difficultés subsistent pour l’achèvement de notre aide.

      La population nous a réservé un accueil des plus chaleureux et nous avons pu mesurer l’importance qu’a apportée notre venue, car sans doute avait-elle pensé que nous n’aiderions plus la Commune puisque Mr. Idi Issa Tondi n’était plus Maire.

      Après ce séjour, nous sommes convaincues que nos efforts n’ont pas été vains et que nous pouvons continuer, tant leurs besoins sont grands.

      Après 2 ans d’absence, nous pensons que nous devons à nouveau nous retrousser les manches afin de les aider, persuadées que notre ami Idi sera toujours notre fidèle relais.

     Nous vous demandons donc de continuer à nous accompagner dans cet effort, et vous en remercions par avance.

                                                          La Présidente :    Nicole BISCANS

 

La tournée des différents sites

     Déplacement des plus confortables, partagé avec nos amis de la SOFEMA- ALSACE qui soutient l’ONG Nigérienne SOFEMA, un de nos partenaires sur la Commune

     Nous avons visité les différents villages où les puits ont été créés ; les populations manifestent toujours leur reconnaissance à l’encontre de l’Association.

      Il en est de même pour les greniers de Solidarité, qui trouveront encore cette année toute leur utilité car la récolte de mil a été très faible à cause de la sècheresse.

Le Collège de Kiéché

     Depuis 7 ans, personnel et élèves habitués à notre venue dans cet établissement sont toujours aussi chaleureux ; ils attendent avec impatience les lettres de leurs correspondants du Collège de Montastruc-la-Conseillère ainsi que l’aide financière qu’ils leur apportent.

     Cette année, bien que nous ne soyons pas venus depuis presque 3 ans, l’aide financière leur étant parvenue, nous avons la surprise de voir une salle de classe, non plus « paillote » mais construite en « banco amélioré » donc pérenne, qui porte le nom du Collège de Montastruc. Nos élèves pourront être fiers de voir leurs efforts couronnés par un tel succès !

 

Le Collège de Bakin-Tapki    

     Là aussi notre venue est attendue. Cette année nous leur apportons les lettres des élèves du nouveau collège de Bessières (31) ainsi qu’une série de livres de mathématiques demandés par les professeurs et recueillis par Jacqueline Allen auprès du Collège de Montrabé (31). L’aide financière que nous leur apportons est surtout consacrée à la fabrication de « tables-bancs » et de bancs.

 

La maternité

     Elle n’est toujours pas terminée ; mais nous rencontrons la sage-femme titulaire du diplôme d’Etat et nommée par le ministère. C’est une jeune-femme dynamique qui nous apprend qu’en moyenne 50 femmes viennent accoucher au Centre de Santé où sont placées les tables d’auscultation et d’accouchement. Il faut savoir qu’en brousse les femmes accouchent là où elles sont, assistées par une « matrone » s’il y en a une, ce qui explique les taux de mortalité très élevés des femmes à l’accouchement et des enfants à la naissance. Grâce aux « visites de sensibilisation » qu’elle fait en « cabou-cabou » (taxi moto) de plus en plus de femmes viennent accoucher au Centre de Santé qui jouxte la future maternité.

      Le personnel est insuffisant : 2 infirmiers et la sage-femme ; depuis la rentrée 2 jeunes infirmiers récemment diplômés natifs de Kiéché, sont venus proposer leur aide bénévolement. Nous plaiderons ce dossier auprès du Ministère de la Santé.

La Coopérative : « Centre Marie-José »

     Cette nouvelle construction a pu être réalisée sans aucune subvention de l’Etat Français, mais uniquement grâce à vous.

     Depuis 5 ans, Marie-José a consacré l’essentiel de ses séjours à Kiéché à former les femmes au tricot au crochet, aux aiguilles et à la couture. Le matériel de base : laines, aiguilles et crochets a été recueilli auprès de multiples connaissances Midi-Pyrénéennes, toute adhérentes ou sympathisantes. Leurs différentes productions sont donc sources de bénéfices pour le Centre et donc pour elles.

     Dans la salle de production trônent 5 machines à coudre mécaniques et une table de découpe. L’autre salle est consacrée à l’exposition des ouvrages et à la vente.

     Trois projets sont en cours : ramener l’atelier de fabrication de produits cosmétiques (financé il y a 5 ans par l’Association), créer un « stand de vente », et clôturer afin que le bétail « en errance » ne mange plus « l’abri paillote » où elles entreposent le matériel qui leur permet de confectionner leur repas puisqu’elles pratiquent la journée continue. BRAVO A ELLES ! ! !

Le « prêt d’honneur »

     Depuis 1 an 4 maraîchers ont bénéficié du « prêt d’honneur » tel que nous l’avons conçu et un « prêt » exceptionnel a été attribué aux femmes de la SOFEMA qui cultivent le champ communautaire où elles cultivent le « souché », le mil et les arachides.

      Les 5 bénéficiaires ont versé leur premier remboursement à la date prévue, et notre émotion a été grande lorsqu’un maraîcher est venu me remettre son 1° versement, fier de me dire que c’était grâce à sa production.

     Ces 5 versements peuvent déjà engendrer un « nouveau prêt » pour un « nouveau bénéficiaire ».

 L’atelier de fabrication de kassines

      Cet atelier, qui aurait dû être électrifié, ne l’est toujours pas et nous avons pu « voir » le trou qui devait recevoir le poteau d’électrification… qui a été « détourné » vers une habitation particulière. Le bâtiment qui doit abriter le groupe électrogène est en voie de finition. Malgré tout l’atelier fonctionne et les bénéfices retirés permettent le versement de 2 salaires

Le « prêt d’honneur »

      Depuis 1 an 4 maraîchers ont bénéficié du « prêt d’honneur » tel que nous l’avons conçu et un « prêt » exceptionnel a été attribué aux femmes de la SOFEMA qui cultivent le champ communautaire où elles cultivent le « souché », le mil et les arachides. Les 5 bénéficiaires ont versé leur premier remboursement à la date prévue, et notre émotion a été grande lorsqu’un maraîcher est venu me remettre son 1° versement, fier de me dire que c’était grâce à sa production. Ces 5 versements peuvent déjà engendrer un « nouveau prêt » pour un « nouveau bénéficiaire ». L’atelier de fabrication de kassines Cet atelier, qui aurait dû être électrifié, ne l’est toujours pas et nous avons pu « voir » le trou qui devait recevoir le poteau d’électrification… qui a été « détourné » vers une habitation particulière. Le bâtiment qui doit abriter le groupe électrogène est en voie de finition. Malgré tout l’atelier fonctionne et les bénéfices retirés permettent le versement de 2 salaires.

 Les jardins d’enfants

Les 3 jardins d’enfants sont maintenant pourvus d’une institutrice titulaire nommée par le ministère. Notre peine a été de voir que la dernière : celle de Bakarkassa qui dès le départ n’était pas terminée à notre arrivée il y a 3 ans, est en mauvais état, toujours le siège de l’opposition ; notre espoir réside dans le fait que l’institutrice nommée saura plaider l’achèvement de ce jardin d’enfants. Les institutrices souhaitent avoir des jeux de plein-air.

 L’Assemblée générale

      Avant notre départ, à la demande de Idi Issa Tondi, nous avons réuni la population de la Commune Rurale de Kiéché afin de leur rappeler tout ce que nous avions fait et les assurer de notre soutien.

     Le Préfet n’a pu venir étant retenu par une réunion ministérielle, mais nous devons le rencontrer le lendemain.

      Aucun membre de la nouvelle municipalité, bien qu’invitée, n’est présent et ne s’est excusé.

     L’assistance est nombreuse…même les prêtres indiens de Dogondoutchi sont venus nous soutenir ! Femmes, enfants et « gangami » (gros tambour) ont assisté à la réunion

L’entrevue avec le Préfet

    Le lendemain nous avons rendez-vous avec le Préfet de Région. Habituée à l’ancien Préfet qui nous a soutenus pendant 5 ans, l’accueil plus que réservé de ce préfet nous surprend…et nous refroidit…il prend note de tout ce que nous disons sans un mot et ne se déride que lorsque nous lui remettons le dossier que nous avons préparé. Il s’engage sur 2 points : faire faire réparer notre voiture et faire électrifier l’atelier de fabrication de kassines, bien conscient que son efficacité rentre tout à fait dans le projet du Président : 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens ».

     Nous le quittons avec un peu d’espoir

     Nous avons appris que notre voiture est au garage !

Différentes rencontres à Niamey

 Ministère de la Santé : au moment de nous recevoir, le ministre est appelé à la « Primature » bureau du Premier Ministre. Nous laissons le dossier de la Maternité et une lettre au Député qui avait obtenu le rendez-vous.

Bureau de la CTB :    Ambassade de la Belgique, pays qui a un programme d’aide à 11 communes du département de Dogondoutchi : accueil chaleureux ; nous apprenons que nous pouvons déposer des dossiers de demandes de subvention annuellement pour des projets ponctuels ; nous décidons que Saad-Gangami et nous-mêmes allons déposer un dossier pour l’achat de matériel pour l’atelier de kassines et un pour la finition de la maternité.

Réunion avec le bureau de Saad-Gangami :   Après un bref compte-rendu de notre mission , nous insistons sur le fait que pour le moment l’ONG nigérienne n’est pas en mesure de financer ses frais de fonctionnement qui sont supportés actuellement par Idi et par l’Association des Amis de Kiéché, ce que nous ne pouvons pas faire perdurer. Les 3 m :embres du bureau que nous rencontrons sont des membres actifs, tous 3 employés dans différents ministères. Ils s’engagent à intervenir dans plusieurs domaines afin de pérenniser nos réalisations ; enfin ils vont déposer plusieurs projets puisqu’ils ont le droit de prélever 7% de la subvention accordée pour leurs frais de fonctionnement.

Conclusion : 

     Comme il a été dit plus haut, notre séjour a redonné confiance à la population et nous a permis de constater que notre objectif : rendre la population autonome est atteint en partie.

     A la demande d’un groupe de jeunes nous déposerons un dossier de projet de « Maison de Jeunes » ; le terrain nous a été déjà attribué par le chef du village de Gouala qui a déjà permis la construction du 1° jardin d’enfants et de la coopérative féminine. Nous l’avons remercié chaleureusement.